BIBLIOTHÈQUES VIVANTES – saison méditerranée , Montpellier (du 23 sep. au 26 oct. 2026)

Bibliothèques vivantes est un projet porté par L’Opératrice (Laurie Bellanca) et sun/sun éditions (Céline Pévrier), dédié aux écritures contemporaines, la traduction et le partage des langues par la voix, les sons et les images. Ce projet rassemble des artistes, éditeur.ice.s, photographes, graphistes, musicien.ne.s, auteur.ice.s et lecteur.ice.s à s’emparer d’une notion inspirante : Les intraduisibles. Lectures, théâtre sonore, performance in situ, création éditoriale et ateliers ponctueront ce geste au long cours entre Montpellier, Athènes, Casablanca, Tunis et Zagreb.

Pour cette première séquence 2026, soutenue par la Saison Méditerranée de l’Institut français, une attention particulière est donnée aux langues du bassin méditerranéen; le grec, l’arabe et le français et sera poursuivi en décembre 2026 à Casablanca (Dérives Casablancaise) ainsi qu’à Athènes (Misc et Athens Photo Research Center).

Inauguré pendant le Comédie du livre de Montpellier avec Atlas, fragments du futur en mai 2026, Bibliothèques vivantes présente une série de rendez-vous à Montpellier pendant le temps fort de la saison méditerranée 2026 de l’Institut français.

mercredi 23 sept 2026 – 20h
Poésie ! Avec le CDN les 13 vents dans le Jardin du MO.CO
avec Soukaina Habiballah et Widad Mjama
lecture en arabe et en français, suivie d’une scène ouverte

En ouverture de la présence de Bibliothèques vivantes à Montpellier, le CDN des 13 vents inaugure leur soirée poésie ! en une version bilingue arabe et français avec :

Soukaina Habiballah est une romancière, poétesse et artiste de performance marocaine. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont cinq recueils de poésie, un roman, un recueil de nouvelles et un livre de jeunesse. Ces œuvres ont été soutenues par le Fonds arabe pour les arts et la culture (AFAC) et son travail a été récompensé par plusieurs prix, dont le Prix Bouland Al-Haidari, le Floating Voices Prize d’Italie et le Prix Nadine Shams pour le scénario en Égypte ou encore le grand prix de la poésie arabe Al-Muʿallaqa. Sa pièce « Nini ya Momo » a été accueillie au Festival d’Avignon IN en 2022. Lauréata de la bourse « Livres des deux rives » de L’Institut français de Paris pour son prochain texte « Sous Kaina », son écriture, traduite en plusieurs langues, est marquée par le corps, le rythme, le silence et l’histoire personnelle et collective. Elle a participé à des événements culturels en Suisse, en France, en Norvège, aux États-Unis, en Tunisie, au Rwanda, en Égypte, en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis et au Maroc.

et

Première femme rappeuse marocaine, Widad Mjama s’impose sur la scène hip-hop
underground, aux côtés des figures emblématiques du mouvement. Son parcours artistique, enrichi par le verbe et l’engagement, puise ses racines tant dans la culture urbaine que dans les traditions orales. Lors de ses études supérieures en France, elle explore les percussions africaines et l’univers des griots d’Afrique de l’Ouest, approfondissant ainsi son lien avec l’oralité. Elle cofonde N3rdistan avec Walid Ben Selim, avec qui elle se produit à l’international, alliant poésie, musiques contemporaines et héritages culturels. Sa présence dans divers espaces littéraires et universitaires, tels que l’Université de Cambridge et l’Université libre de Bruxelles, témoigne de son engagement pour une parole actuelle et militante. Sa création récente, Aïta Mon Amour, développée en collaboration avec Khalil Hentati, réinvente l’aita marocaine en une forme scénique puissante et moderne. À travers ce projet, elle affirme la scène comme un espace de transformation et d’émancipation, dans un environnement encore largement dominé
par les hommes.

dimanche 27 septembre – 16h
BIBLIOTHÈQUES VIVANTES « حائط murτ είχος » / la Fabrique des futurs – M28, quartier Sud
Présentation de la maquette du projet d’affiches réalisées en dialogue avec Walid Bouchouchi (Studio Akakir) et les auteurs associé.e.s au projet – Soukaina Habiballah, Katerina Iliopoulou, Thomas Tsalapatis… BIBLIOTHÈQUES VIVANTES « حائط murτ είχος » amorce une collection d’affiches en trois langues (français, arabe et grec) composées d’extraits de littérature apposées sur les murs de la ville, faisant le pari d’un quartier en forme de livre ouvert. Ces citations adressées aux habitants constituent des « portes » pour poser un terreau commun et inviter à la rencontre et l’échange. BIBLIOTHÈQUES VIVANTES « حائط murτ είχος » sera déplié en 2027 en dialogue avec le centre d’art Mille Formes de Montpellier. La présentation publique de cette maquette sera suivie d’une rencontre avec l’équipe de BIBLIOTHÈQUES VIVANTES Soukaina Habiballah, Widad Mjama, Kostadis Mizaras, Benjamin Chaval, Céline Pévrier, Laurie Bellanca et Walid Bouchouchi. Podcast m28

mardi 13 octobre 2026 – 18h
BIBLIOTHÈQUES VIVANTES «  En déséquilibre / . التوازن اختالل في » au FRAC – Montpellier
Soukaina Habiballah et Laurie Bellanca proposent un dialogue avec l’œuvre de l’artiste
marocain “En déséquilibre” de Mohamed Lekleti. Relié par des fils dessinés ou réels, plus ou moins visibles ce grand dessin mural qui fait apparaître le vocabulaire graphique et
iconographique de l’artiste – mains, nuages tempétueux, souffles, corps hybrides, corps
jumeaux, en tension ou en déséquilibre, dédoublements de visages, cibles, images de guerre floutées, machines circulaires, chiffres, formules mathématiques énigmatiques, enfances, jeux, figures de migration ou de pouvoir – accueillera les auditeurs pour une immersion sonore dans la littérature qui en émane. Le corpus réalisé en écho aux inspirations de l’artiste sera l’occasion de relier nos lectures à celle du monde présent.

dimanche 25 octobre 2026 – 11h et 13h
BIBLIOTHÈQUES VIVANTES «  Lectures électriques – Vers la Palestine » avec l’ATELLINE – place Max Rouquette. Cette performance sonore est née de la rencontre entre Laurie Bellanca et Soukaina Habiballah, toutes deux engagées dans une recherche littéraire précise (l’une par la lecture et l’autre par l’écriture). En dialogue avec la pièce Re-Lighthouse de l’artiste palestinien Shareef Sarhan, œuvre lumineuse construite sur une base de recyclage de débris de guerre de Gaza, cette lecture bilingue sera l’occasion de mettre en partage la littérature et sa puissance conflictuelle. Un dialogue qui fait apparaître les limites attendues des territoires – que ces derniers soient de sol, de langue, de genre ou de style – plus poreuses qu’elles n’y paraissent. À l’heure où les bibliothèques et les lieux d’archives partent en fumée ou s’écroulent sous la violence, quelle est encore notre capacité à faire des livres des objets de liens, de complexités, de mémoire ou de combat ? Lorsque les frontières rendent toute forme de vie impossible, que pouvons-nous faire des démarcations meurtrières, de leurs sillons tristes si ce n’est, en signe de résistance, des lignes, précisément, sur lesquelles lire, écrire, particulièrement aujourd’hui et plus que jamais, les mots d’un monde qui appelle notre attention. Des multiples formes de traduction possible entre l’arabe et le français, leurs similarités, complémentarités ou héritages imposés, cette édition bilingue des Lectures ouvre vers la musicalité possible d’une forme de lutte par la poésie auprès des mots de Maya ABU ALHAYYAT, Aliyeh ATAEI, Adania SHIBLI, Abdelatif LAABI, Dalia TAHA , Asmaa AZAIZEH, Etel ADNAN et bien sur ceux de Soukaina Habiballah.