LUNDIS EN COULISSE – Théâtre National Wallonie Bruxelles / Maison Gertrude (21 oct.2026 )

LUNDIS EN COULISSE RDV le 21 octobre

Camille Louis
Laurie Bellanca

14:00-15:30 → VISITE GUIDÉE DE MAISON GERTRUDE, UN CENTRE D’ART EN MAISON DE REPOS

16:00-17:30 → À MAISON GERTRUDE

Dans le cadre des Lundis en coulisse, la philosophe et dramaturge Camille Louis et l’actrice et lectrice Laurie Bellanca vous invitent à Maison Gertrude pour découvrir le fruit des ateliers qu’elles ont menés auprès de ses habitant·es et du personnel de la Résidence Sainte Gertrude qui accueille cette édition particulière des Lundis en coulisse. À partir des thèmes principaux du livre en cours d’écriture de Camille Louis, La Fabrique des yeux secs, elles ont rassemblé un ensemble de textes au croisement de la philosophie politique, de la poésie, des archives médicales et des paroles de patient.e.s, auxquels se sont adjoints les extraits proposés par les occupant.e.s de Sainte Gertrude. C’est ce corpus collaboratif composé autour des expériences de fragilité et de soin qui se fera entendre dans ce centre d’art en maison de repos.

19:00-21:30 → CENTRE BRUEGEL

« Dans les trous de l’immunité, recomposer la communauté » –

Lecture performative du premier chapitre de La fabrique des yeux secs suivie d’une rencontre avec le public 

Après la mise en scène du prologue de La Fabrique des Yeux secs, Camille Louis (autrice) et  Laurie Bellanca (mise en scène et lecture) poursuivent leur geste en proposant l’avancement de leur lecture partagée et ininterrompue. Le premier chapitre de ce texte de Camille Louis intitulé  « Dans les trous de l’immunité, recomposer la communauté » explore plus particulièrement l’apparition du “syndrome des yeux secs” et de la famille à laquelle il appartient des maladies auto-immunes. Ces dernières, que les experts ont eu tant de mal à reconnaitre et ont toujours tant de difficulté à expliquer, se révèlent, dans les expériences collectives qui en sont faites, comme les signaux non seulement d’un mal contemporain extrêmement partagé mais des formes de soin alternatives à nous donner. Venant blesser l’idéologie du tout immunitaire et sa valorisation du Sujet qui, pour se protéger, devrait renforcer les barrières et fermer les entrées à tout ce qui lui est étranger, ces « retournements du soi contre soi » propres aux maladies auto-immunes racontent une autre histoire de ce qui nous blessent et de ce qui peut, si ce n’est nous sauver, du moins nous faire tenir encore un peu sur nos pieds. Ce qui nous fait tomber – malades notamment – ce ne sont pas les dangers de l’extériorité mais notre entêtement à nous en couper. Replié.e sur soi-même, chacun.e de nous est littéralement en train d’exploser. Burn out, inflammation généralisé, assèchement des yeux, des peaux, des pensées et des aspirations, il nous faut ensemble, dans les croisements et les circulations, ré-apprendre à (se) regarder et à respirer en commun. C’est en direction de ce commun en perpétuel recomposition que l’espace de la lecture, fondée sur l’approche sonore et les modalités d’adresse proposées par Laurie Bellanca, se transformera en celui d’une conversation partagée avec les spectateurs-rices.